La nuit est
là,
fâchée et
blessée,
tout contre
toi.
Ta vie
s’efface dans un brouillard épuisé,
un râle
amer.
Comme un nœud
posé dans l’ombre de notre mémoire que des mains calleuses et rêches cherchent
à dénouer avec des gestes brusques.
Pourtant
tout est bleu,
sauvage,
poussé par
le vent.
Et tes yeux
qui s’égarent dans le dédale épineux de l’oubli.
Et mon cœur
qui s’étrangle dans des battements délétères.
Et le vide,
posé à coté
de nous,
tremblant,
cri de
folie hérissé dans l’attente,
voulant déjouer
les incertitudes de l’instant.
Je serre
dans mes mains tous nos souvenirs pour que le vent ne les emporte pas.
Je ferme
les yeux pour accrocher à ma mémoire les photos de nos bonheurs,
l’écho de ton
rire,
ta voix
encore toute chaude.
Pourquoi
es-tu parti sans nous attendre ?
C’est mon
enfance qui meurt avec toi,
emportant
les traces d’amour que tu semais d’un geste tendre.