Pages

lundi 10 août 2026

La pluie ne viendra pas cette nuit...

 


 

Dans le chaud tourbillon du soir dégoulinent la moiteur de l’air, du vent, de nos envies, mille et une lucioles vagabondes et indolentes. La nuit peine à venir en déchirant l’épais velours bleu du crépuscule. Dans ses draps chiffonnés, secs et verts, engourdie, la silhouette fugace du temps valse. S’envolent de fines poussières grises, farandole amusée par le murmure des heures dissipées. La fin du jour s’accroche encore un court moment aux parures de tulles d’un osmanthus souffreteux, assoiffé. Sur la table, enveloppée par des muscs de terres chaudes, un photophore s’imagine devenir le roi du bal en éclairant ton sourire au travers de ses dentelles de porcelaine.

Nos livres laissent leurs pages tournicoter dans les embruns de nos tisanes fraiches. L’air nous caresse par courtes bouffées dociles. Le temps est suspendu. La nuit lourde tresse les silences apaisés de nos fatigues. L’été arrogant épuise notre patience, consume nos bavardages muets.

La pluie ne viendra pas cette nuit…


 

 

mardi 4 août 2026

La lumière ne dansera plus sur l'horizon.

 

La nuit nous guette.

Le vent est laid,

bordé d’une écume brûlante.



Tout est sec, ravagé par un parfum d’automne précoce oubliant son miel, faisant voltiger les feuilles meurtries par l’absence de pluie. Le jardin s’écroule dans une petite mort sans fin. Nous plonge dans une tristesse sans nom. Pourquoi attendre de demain ? Même le soir est fourbe, et nous abandonnons la terrasse inondée d’une lumière arrogante où le vent sème ses tourbillons rugueux. Envolées nos lectures tendres dans le soir vaporeux que berçaient hier encore nos crapauds musiciens dans l’ombre chargée d’étoiles. Oublié l’arôme sucré du chèvrefeuille.

 


C’est un automne moribond qui arrive trop tôt…
La fin du jour consume le soir

dans un incendie aux frasques flamboyantes.
L’air colle aux tempes,
aux chemises,

avant d’enrouler les feuilles des arbres dans un jupon dévasté et brun.

Dans le noir dévalant de la colline,
le ciel n’est plus un miroir débordant de couleurs pastels
,
mais un lugubre cerf-volant faisant siffler le vent
dans les treilles des vignes
en emportant les dernières étincelles
de ton regard.

La nuit va venir,

la lumière ne dansera plus sur l’horizon,
et son ventre sera froid
sous nos draps bleus.