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mardi 7 avril 2020

Equilibre


Juste là,
Suspendue.
Transparente,
Une errance
Déposée.
L’élégant fragile s’endort bercé par le vent.


Jusque-là
Entraperçue.
Transparence
Nonchalante,
Amusée.
Le docile moment s’évapore emporté par le temps.

vendredi 3 avril 2020

Le port se protège.


Le présent malade se glisse hors du temps.

Le port se protège de brumes en haillon.
La nuit comploteuse surveille les bateaux,
D’un œil blanc et persan, grand ouvert, sans un mot.
La folie s’installe dans le vent furibond…

Le noir se fait chacal, emportant les mourants.

Le soleil est mort seul, épuisé, sans se taire,
La gorge nouée, sèche, les poumons brûlés.
La folie est d’attendre le froid en plein été
Pour noyer dans la nuit les démons délétères.

Je me suis allongé, je tremble tout le temps.

Le port du Conquêt (29), un soir de septembre 2008

mercredi 1 avril 2020

Tes mots sucrés.


Le temps s’est tendu en tissant la trame de ton absence. Puis s’est emmêlé dans un tendre rayon de soleil venu se coucher sur la chaise qui ne t’attendra plus. Valsent les fines poussières qui s’agitent dans un léger tourbillon affolé.
C’est un moment rempli de vide où l’ombre enchaîne ma mélancolie, mes regrets, ma peine, à la lisière de la lumière.
Je vois pourtant ta main soulever le rideau plissé, brodé de fils blanc et gris… tremblant encore de la clarté de ta voix.
Cette place-là, c’est la tienne. Celle de tes yeux bleu océan, de ton parfum suranné où se mêlent la rose et le jasmin, de ton rire clair.
Je sais que là où tu te reposes de ton long voyage bordé de souffrance, il y a une fenêtre, un rideau laissant se reposer le jour sur une chaise. Assise, tu fais rouler dans d’incessants bavardages, tes mots sucrés…