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lundi 15 août 2022

Le jour s'endort.

La Vienne à Chinon (37), 9 août 2022.

Le jour s’endort.
La couverture évanescente de la nuit
vient se blottir sur la Vienne
couchée sur les rives rêveuses de Chinon.
L’instant est d’une grâce inattendue.
Un souffle,
suspendu dans l’air tiède de l’été belliqueux,
abandonne les bavardages
trainant sur les quais,
protégés des dernières fantaisies du crépuscule
par des platanes majestueux,
immobiles.
Assoupis.
Le temps s’arrête.
Ta tête se pose sur mon épaule.
Mon bras ému enveloppe ta taille.
Le soir nous emporte dans son écrin,
capitonné de soie fine.
Flottent les embruns roux de parfums fauves
dans l’air agité,
auréolé des lumières chaudes
de la ville aux pierres ocres,
saturées de murmures
indigo,
tendres.

Le soir nous emporte dans son écrin,
capitonné de soie fine.

 

mardi 9 août 2022

Elle...

 

Image empruntée au net.

Elle avait semé son rêve dans le jardin de mon cœur pour le voir fleurir…

La lumière peine à crever son corsage
pour caresser la cage claire où bat sa vie,
sous son écorce tendre.
Résonance sensuelle
offrant à sa peau la saveur et le grain d’une orange.
Tempo tiède,
hier encore offert à mes mains menteuses.
Elle ne sourit pas,
semblant oublier ses yeux sur le bord de la tasse s’évaporant.
Le feu magique qui lui brûlait le ventre
s’est éteint au cœur d’une nuit d’orage
gorgée d’outremer outrageant.
Elle ne pleure pas encore,
les cheveux abandonnés dans un chignon vaporeux,
accroché à la hâte
dans les épars rayons d’un soleil engourdi.
Une nostalgie vaporeuse
l’enveloppe de son drap de silence.
Songeuse,
elle s’abandonne au chant fragile du souvenir,
pendant que les notes se perdent dans le brouhaha des regrets.

Je suis parti, elle est ailleurs.

 

vendredi 5 août 2022

Ce soir...

Le soir sait te faire danser...
 

Le crépuscule vient à notre rencontre. Charmant. Élégant. Ce soir, tes longs cheveux chahutés par le vent, sèment dans l’air leur humeur badine. Tes yeux chantent la nuit  frivole caracolant déjà sous une lune prometteuse. Toute auréolée d’un satin tendrement solaire, tu me murmure dans l’air impatient, qu’un baiser serait le plus insensé des voyages. Insensé mais si follement espéré… Mes lèvres, égarées dans ton cou de vanille, tente d’oublier ce jour trop long à ne pas te toucher… je t’ai attendue, espérée, me consumant chaque minute davantage… incroyable espoir sans cesse balloté dans le roulis vaniteux du chant des possibles.

La silhouette du château de Montsoreau vu de la confluence Vienne Loire, 5 août 2022.