Est-il trop tard pour espérer demain ?
Je regarde mes mains,
je n’y vois rien.
Rien de bien.
Désenchanté, je me fais pèlerin.
Je quitte mon chemin
pour venir sur le tien…
Un blanc matin,
le chant d’un gamin,
les fleurs d’un jardin,
le refrain d’un malandrin,
et me voilà souverain
d’un jour sans venin.
Je redeviens un humain.
Au fond de mes poches en lin,
le chagrin d’un gredin.
En déclin,
le ciel du soir carmin
distille son jasmin
divin.
Alors je pense à toi frangin.
C’est enfin le regain.
Se réveille en moi l’écrivain
sauvagin
que tu lisais serein
avec le sourire d’un épicurien…

