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mercredi 4 août 2021

La mer commence là...

 

La vie s’arrête là.
Elle est venue se perdre dans un courant d’air marin,
au bout de la terre,
dans une descente vertigineuse dégoulinant des valleuses.
Son ultime souffle,
brun,
décousu,
abandonnant des guirlandes de pierres noires comme autant de trophées inutiles,
s’écrase dans le vide d’un voyage fiévreux.

La mer commence là.
Écho moiré à ses angoisses sournoises,
berceuse mouvante,
long sanglot sonore.
Elle est venue l’accueillir avec ses gants de galets gris,
ronds,
fragiles,
sertis d’écume en dentelle.
Une immense houppelande verte couvre son corps blanc et nu.

Je l’imagine endormie,
apaisée,
engourdie.

Le jour ne peint plus d’ombre, ne dessine plus de ciel, déjà dans le sommeil.
Une descente en enfer, majestueuse.
Dernier cri de mouette au battement d’aile hésitant.
Sirène d’un bateau trop loin pour un adieu.

 Cap d'Antifer (76), 27 juillet 2021.


vendredi 30 juillet 2021

Poésie offerte au promeneur du soir.



La terre, voyageuse fragile à la chevelure affolée, respire doucement, apaisée par un chant de lumière venu de la mer. L’heure est douce. Dans une paix d’ombres, un souffle d’air aux multiples couleurs, serpente entre l’eau miroir et le sable humide.
C’est la vie galante qui se met à danser ; la lune ingénue qui se réveille ; le soleil souverain qui se couche, sequin d’or roulant dans son lit de soie violine.

 

Le calme nous enivre.
La nuit nous tend ses bras tièdes, nous invite au voyage, au rêve. À l’amour.

 

Derrière le rideau frémissant de l’horizon en feu,
tangue un crépuscule délicieux invitant à la sagesse.
La baie, déjà, remonte le duvet clair de ses flots indolents.
Mouvement infini ancré à la poésie sans cesse offerte au promeneur du soir.

 Coucher de soleil au Crotoy (80), 22 juillet 2021

 

mercredi 14 juillet 2021

Elle me sourit...

 

Image empruntée au net.

Elle me sourit là, dans une pénombre ballotée par un vent doucereux.
Une heure suave à l’haleine sauvage de musc et de sous-bois.
Je ne m’attendais pas à cette folle rencontre.
Elle m’a surpris…

Presque émue,
tout en douceur,
elle a fait scintiller sa robe de tulle bleu,
la laissant se coucher à ses pieds,
comme un songe s’enfonce dans un soir vagabond pour aspirer la lune.

Son corps sur le sable lumineux me faisait entendre la mer,
son rire de dentelle et son tourbillon d’écume.

Moi,
soldat de bois au cœur engourdi de sagesse,
de frissons,
je ne voyais que ces yeux,
puits profond plein d’étoiles filantes…

C’est elle qui est venue prendre ma main pour couvrir sa peau safranée,
là ou ombres et lumières se sont égarées
dans les plis ravis de son corps indompté.

Le temps glisse sur ses soupirs tièdes et la nuit écrase son oreiller.