Le soir, subtil jeu sombre
de lumières, filtré avec élégance par des platanes pour un peintre amoureux,
recouvre la Vienne, délicat miroir docile d’une étonnante forteresse. Et les
bavardages du vent, dessinant ses remparts de quelques touches d’un pinceau magique,
affolent nos cheveux en toute liberté.
Tu sembles volatile, mutine,
vagabonde.
Ton onde lisse glisse,
sage, avec une douceur apprêtée ; caresse les jupons de dentelles vertes
de tes rives en sommeil. Le silence est déjà là, avec son cortège de lueurs
sourdes, pour un corps à corps improvisé, fugace.
Tu espères…
Le noir de tes yeux dessine
l’esquisse de rides fourbes, profondes.
S’égarent tes rires
merveilleux, résonnant dans les flamboyantes couleurs du château.
Alors j’ai chaud
pendant que tes mains sont froides.
Tu t’abandonnes à
deux pas de mes rêves quand nos routes sont différentes…
Vient l’amour chantant,
troubadour chamarré.
Il jette au-delà de l’horizon
ton masque sans âge,
épais d’une folie sournoise, pour poser sur ton visage un
sourire tendre,
habillé des poussières du soir.
La nuit laisse glisser
ta main légère sous tes draps de lune,
loin des couvertures de sable rêche.
L’habile jeu d’ombres, de lumières, troublés par des platanes défiant un peintre ombrageux, respire la Vienne, émotive et troublée en ce fascinant bout d’hiver.
Forteresse Royale de Chinon (37), 4 décembre 2018.






