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mardi 12 mai 2026

Je te regarde...

 



Le jour anémié ondule.
La nuit, improbable sans son pull,
au bord de ton lit gesticule,
comme une libellule
ridicule.

Et tu souris là,
endormie et lascive.
Je te regarde.
Tes yeux bavards sont déjà un peu plus loin,
dans d’autres brumes,
sous un autre ciel,
et tes rêves me touchent de leurs mains
blanches et douces.

Ma Loire,
tu frémis
dans tes dentelles de frisson.
En bougeant à peine,
tu laisses s’étourdir des clapots
à la lisière des reflets de tes draps
endormis.

Mes lèvres silencieuses
embrassent les petits bouts de toi,
prometteurs,
perdus dans tes jupons légers…


 

mardi 7 octobre 2025

Les clochettes volubiles du temps qui passe…

 

La Loire au Pellerin (44) le 4 octobre.

 

Dans le tourbillon d’air bousculé par un jour qui s’étiole, s’assoupissent tes rives dissimulant une tristesse retrouvée. Ton écharpe de typhas pâles ondule au-dessus de tes épaules brunies par un soleil hier opulent.

De la terrasse, désertée par les rires riches de soleil, de liqueurs, de mots affables et de mains amoureuses, s’élève ton souffle brun et tes promesses incertaines. Ton clapot régulier, métronome appliqué, libère un vent piquant annonçant la fin des heures insouciantes. C’est la lente procession de l’été où rugissent des parfums résignés.

Les tables sont nues, troublées encore par le départ des bavardages brûlants d’une sagesse qui a délavé ses rêves, messages de hasard effacés sur l’horizon.

Je te vois. Je voudrais te toucher, mais ta peau rafraichie par les humeurs d’Eole, se ride avec des regrets qui font du temps perdu une blessure aux allures de fin d’amour.

Un silence d’ombre inonde les pavés délaissés. De rares cailloux n’y brillent plus, noyés dans une solitude fade.

C’est une fin de jour vieillissant, gorgée de mélancolie… L’automne s’invite sans violence, teinté de lueurs fragiles. Tintent dans nos cœurs les clochettes volubiles du temps qui passe…


 

vendredi 25 avril 2025

Le bonheur de l'instant, en équilibre.

 

La Loire à Chouzé Sur Loire (37)


Les graviers respirent ton sourire et un soleil blond borde de lumière les frémissements de la Loire. J’écoute la délicate musique sauvage du clapotis amoureux venant caresser la gabare silencieuse, bercée par la chaleur neuve.

C’est un savoureux frisson de printemps, sucré. Une récréation tout en douceur ou ton rire inonde de fraîcheur le temps qui passe, ondule à la lisière des berges lascives, nonchalantes.

Je glisse ma main dans l’onde de ton corsage transparent et léger pour y cueillir des promesses d’aventure, de voyage…

Mon chapeau à l’ombre incertaine roule sur la rive. Mes yeux se ferment pour respirer le bonheur de l’instant, en équilibre…

 

 

vendredi 28 mars 2025

Le soir.

 


 

Le soir,
Comme, sur ta peau douce, un foulard.
Un soir hésitant, timide, dérisoire.
Un soir où se confondent les noirs
Sur le miroir de la Loire.

Des remous silencieux, blafards,
Sous un ciel prenant son fard…
S’agitent ton jupon, ses dentelles,
Ton rire pastel, rebelle.
La lune danse à la lisière de ton regard,
Et mon attente largue les amarres.

Déjà la nuit sourit au bord du lit…
Tes mains glissent dans les plis
Interdits.
Les draps s’égarent comme la Loire dans le brouillard.