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mercredi 2 septembre 2026

J'aime la douceur suave des soirs d'été.

 

 

Jardin de Chaumont Sur Loire (41) de nuit. 2018.

J’aime la douceur suave des soirs d’été, quand traine sur la terrasse la moiteur silencieuse d’un soleil s’effaçant avec élégance.

Instants magiques, discrets et parfumés. Ces improbables soirs où les saveurs de fin de jour se faufilent, malicieuses et exquises, entre les pages indomptées du livre où mon âme somnole à la faveur des bavardages de fin de jour. Là, dans la pénombre ouatée, quand se tait le chuintement des feuilles aux murmures épars s’attardant un peu, l’air se charge des sucres du chèvrefeuille, doux et blonds, s’imprègne de ses fragrances espiègles.

Dans une béatitude rassurante, je pause ma main sur les pages vacillantes. Je regarde le temps qui passe, curieux voyageur au regard sombre. Je guette ton sourire, lumière muette dans le bleu rempli de secrets.

Tes doigts courent sur les miens et la pénombre dévient élégante.

Le ciel s’éteint doucement. Nos frissons sont à l’unisson. La nuit peu venir…

 

lundi 17 août 2026

Ravage.

 


 

Le ravage,
glaive brulant suspendu au-dessus de l’horizon,
déchire le matin
de cuivre et d’airain.
La paille a bu toute la rosée de nos chagrins.
L’aurore peine à se lever pour fuir ses cauchemars moribonds.
Le point du jour ne se fait plus d’illusion :
la pluie est une utopie définitive.
En écoutant le râle du jardin agonisant,
sec et pauvre,
aride et perdu,
une seule certitude :
la torture ne connait pas de trêve.
Dans cette folie-là,
un nuage gris cendre,
dans le ciel bleu fou s’est sauvé,
poussé,
fatigué,
par un vent besogneux.
Les arbres crient.
Leur verte forêt
n’est plus qu’une terre lointaine
égarée dans des souvenirs
meurtris.

 



lundi 10 août 2026

La pluie ne viendra pas cette nuit...

 


 

Dans le chaud tourbillon du soir dégoulinent la moiteur de l’air, du vent, de nos envies, mille et une lucioles vagabondes et indolentes. La nuit peine à venir en déchirant l’épais velours bleu du crépuscule. Dans ses draps chiffonnés, secs et verts, engourdie, la silhouette fugace du temps valse. S’envolent de fines poussières grises, farandole amusée par le murmure des heures dissipées. La fin du jour s’accroche encore un court moment aux parures de tulles d’un osmanthus souffreteux, assoiffé. Sur la table, enveloppée par des muscs de terres chaudes, un photophore s’imagine devenir le roi du bal en éclairant ton sourire au travers de ses dentelles de porcelaine.

Nos livres laissent leurs pages tournicoter dans les embruns de nos tisanes fraiches. L’air nous caresse par courtes bouffées dociles. Le temps est suspendu. La nuit lourde tresse les silences apaisés de nos fatigues. L’été arrogant épuise notre patience, consume nos bavardages muets.

La pluie ne viendra pas cette nuit…