Dans le chaud tourbillon du soir dégoulinent la moiteur de l’air, du vent, de nos envies, mille et une lucioles vagabondes et indolentes. La nuit peine à venir en déchirant l’épais velours bleu du crépuscule. Dans ses draps chiffonnés, secs et verts, engourdie, la silhouette fugace du temps valse. S’envolent de fines poussières grises, farandole amusée par le murmure des heures dissipées. La fin du jour s’accroche encore un court moment aux parures de tulles d’un osmanthus souffreteux, assoiffé. Sur la table, enveloppée par des muscs de terres chaudes, un photophore s’imagine devenir le roi du bal en éclairant ton sourire au travers de ses dentelles de porcelaine.
Nos livres laissent leurs pages tournicoter dans les embruns de nos tisanes fraiches. L’air nous caresse par courtes bouffées dociles. Le temps est suspendu. La nuit lourde tresse les silences apaisés de nos fatigues. L’été arrogant épuise notre patience, consume nos bavardages muets.
La pluie ne viendra pas cette nuit…


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