Pages

mercredi 28 février 2024

Petites étincelles d'un espoir égaré.

 


Petites étincelles d’un espoir égaré.

Elles sont légères, presque fragiles, flottant dans le vent et ses dentelles de brumes glaciales. De doux silences enrobent leurs murmures veloutés. Dans la soif des foulards ourdissant l’horizon, se faufile une montagne de rêves que la nuit, frileuse, peureuse, finit par ignorer.

Le jour, déjà assoupi, se cache derrière des rideaux de brume que les avions sauvages scarifient d’une vapeur blanche, piquée de taches rouges dessinées par le soleil agonisant. La saveur d’un soir n’a pas le même parfum, le même goût, les mêmes couleurs sur chacune des terres où il se couche.

La douleur épaisse de la faim, du sommeil éternel, jaillit sans relâche des lourds tourbillons de poussière imaginés par des bourreaux aveugles.

Je grelotte. Le soir meurt dans ma vie.

Des enfants terrifiés pleurent leurs parents évaporés sur des terres que je ne connais pas.

Et le monde libre, insouciant, pétri de paix, prépare ses vacances…

lundi 12 février 2024

J’aime le lit comme tu l’as défait.

 

Photo de Robert Demachy
La femme endormie
(entre 1895 et 1900)

 

Le feu somnole doucement dans la cheminée,
ronronnement de braises écarlates.
Ton souffle écarte tes mèches brunes,
vent léger et tiède,
perdu sur ton visage de muse embarquée dans ses rêves de lune.
Des étoiles brillent dans mon cœur,
tes yeux sont remplis d’ombres affolantes.
Les coquelicots,
dans leurs tutus de soie rouge,
dansent dans un recoin ombrageux,
prêt du lit,
dans les remous des ombres volatiles de la chambre.
La valse empourprée de nos corps a envouté les draps crème
de ta vanille charnelle,
de ta peau de pêche,
douce et brûlante,
enivrante et clandestine.
J’ai deviné sur mon dos la danse de tes doigts frais
sur mes frissons diaboliques et brûlants.
Je me suis laissé emporter dans la moiteur des petits bouts de toi,
là où le soleil ne vient jamais te caresser,
là où le satin de tes dessous protège le miel de tes secrets.
Ô doux seins tendres.

Au diable les draps ajourés de fines broderies,
je viens respirer ta cannelle,
goûter le champ de ta peau pastelle
où sont venues se perdre des pointes insolentes de girofle,
d’orange suave.
Sur le bout de ma langue,
le sirop ambre de tes orages les plus fous.
Ô Alcôve au teint de thé...

J’aime le lit comme tu l’as défait.