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| Image empruntée au net. |
J’ai toujours connu votre maison gorgée de rires, de couleurs tendres, de moments précieux… ce soir-là, dans l’outremer naissant de la nuit accourant, je t’ai retrouvée dans le noir, agar et nue, perdue.
Pourtant, j’étais juste venu pour vous embrasser, profiter de votre douce lumière, du feu rassurant de votre cheminée, une bouteille de vin à la main. Je voulais prendre un verre et trinquer à votre amour que j’imaginais sans détour, clair comme une source de montagne, transparent… Je passais simplement pour voir deux amants heureux de regarder dans la même direction en se tenant la main. J’étais venu partager un bout de votre amitié sincère, celle qui nous faisait tenir debout face aux tempêtes qui broient les bateaux sans âme. J’avais dans les yeux votre regard amoureux, tellement amusant. Vous étiez mon rêve, l’idéal à suivre même dans mes nuits sans sommeil quand des songent toxiques inondent mes insomnies.
Tes yeux détrempés, ton blues dans l’obscurité, ton corps recroquevillé, tes mains égarées sur tes épaules en avouaient bien plus que de longs discours. Entre tes sanglots, le silence ne parlait que de toi, de ses coups sauvages qu’il faisait pleuvoir sur ta peau brune pour y voir pousser des bleus arrogants.
Tu avais su te taire pour tout cacher. Souffrir en silence, la tête enfouie sous un oreiller pour que personne ne puisse entendre les cris de ton cœur égaré dans ta solitude. Ta solitude mortifère.
Alors, mes mots se sont perdus dans un mutisme glacial, coupable. Mes mains ont glissé sur ta peau terrorisée. Elles tremblaient à l’envie de te toucher. Tremblements de honte, d’impuissance. Tes larmes dégoulinaient sur tes joues bleuies, s’engouffraient dans ton cou comme dans un puits sans fond. La frayeur que ne pouvait plus dissimuler ton visage aux yeux éteints était le témoin de la fréquence de la folie d’un homme que tu croyais aimer. Aimer à la vie, à la mort. Où est la frontière imaginaire entre ces deux rives qui étaient devenues ta prison ?
Aujourd’hui, dans ton désarroi toujours fidèle, tu me regardes juste pour demander pardon, toi encore otage d’un monstre qui t’écrasait de frayeur depuis trop longtemps. C’est moi qui devrais te demander pardon d’avoir été aveugle si longtemps. Je n’imaginais pas les poings et les pieds de mon ami de toujours avoir autant de hargne pour venir meurtrir tout ton être avec cette fureur dévastatrice. Il faut être un animal pour faire ça. Bien qu’un animal ne fasse pas le mal par plaisir, mais par nécessité. Pour vivre ou survivre. Combien de rage portait-il en lui pour se laisser déborder par autant de sauvagerie ?
Avec de la patience, je finirai sans doute par guérir tes plaies, mais comment effacer les traces de ce qui ne se voit pas?

Bon sang, quel texte déchirant, de la brûlure de ton coeur meurtri. Bien sûr que l'on s'en veut de n'avoir pas vu. Surtout quand ce sont des amis. Hélas, aux accents si vrais de tes mots, pas la peine de te demander si c'est du vécu. Je compatis, de tout coeur, à la douleur de cette femme, et à ta peine à toi aussi, de n'avoir pas pu être là pour elle.
RépondreSupprimerLe monstre n'a pas commis l'irréparable, celui qui avait emporté Marie et tant d'autres. Mais tu as raison : ce genre de blessure ne s'efface jamais.
De tout coeur avec elle et avec toi, frangin.
La lutte continue.
https://www.feminicides.fr/
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Le sentiment d'impuissance, le plus terrible des tourments. 💔
SupprimerUn texte émouvant auquel on ne peut répondre que par le silence respectueux de mots qui n'existent pas!
RépondreSupprimeril nous reste cette conclusion!
"comment effacer les traces de ce qui ne se voit pas?" ... au-delà des bleus et des cicatrices, il y a aussi toutes ces paroles d'humiliations, de mépris , de méchanceté qui blessent à vie l'âme ...
Des mots destructeurs, autant que les coups.
SupprimerMagistral, fort... Mon trouble me prive de mot pour commenter votre post.
RépondreSupprimerÇa n'a pas été facile de trouver ceux qui sont justes pour écrire ce billet.
SupprimerQuelle force dans tes mots letienne pour traduire cet insoutenable ...quelle émotion.. un texte que l'on ne peut lire que d'un seul trait en retenant sa respiration pour ces traces invisibles monstrueuses, qui ne s'effacent jamais et qui rendent impuissant tant elles sont intolérables.
RépondreSupprimerToutes souffrances sous les coups d'un bourreau sont insoutenables.
SupprimerAlors, les larmes des victimes deviennent des brûlures.
J'ai rencontré en décembre Marguerite Julia, elle a écrit un roman sur la violence conjugale..."Mosaïque"... C'est un récit inspiré d'une histoire vraie la sienne... On ne ressort pas indemne de cette lecture poignante ... Si tu peux te le procurer, ça aide à comprendre "l'emprise" de l'homme sur sa femme , emprise pourtant née à l’origine d'un amour passion... https://www.babelio.com/livres/Julia-Mosaique/1821146
RépondreSupprimerMerci pour l'information.
SupprimerJe vois pour me le procurer.
Promesse inachevée
RépondreSupprimerJe t’aimes à la folie précisait le déni
J’admire ta force vaillante qui chaque jour me détruis
Je n’aimes que le mépris que m’inspire ma vie
J’oublie que chaque jour , j’ai bien creusé mon puits
Je n’imaginais pas la force de caractère
Que j’ai laissé filer du fond de mes artères
Pour revenir marquée d’une douleur si austère
De toutes ces années qu’eux croyaient sans mystère
L‘angélique destin , qui promettait volume
N’a cependant pas vu , que je me dévoyais
Au gré de son pouvoir , hypnotique à souhait
En poupée apeurée , broyée par tant d’écume
La vague qui enveloppait mes rêves évanouis
Dans l’extase du temps , à l’abri de la rue
Souriait chaque instant , de me voir flétrie
Auréolée du rire de mes espoirs perdus
Mes cris insignifiants aux yeux de mon ami
Chérissaient tendrement son égo épanouis
Que lorsqu’il commentait notre équipe mélodieuse
Chacun en nous voyait une vie harmonieuse
Toi , a qui j’ai menti , toi qui me voyait gaie
Ne m’en veut surtout pas , si je l’ai bien caché
Ne t’en veut surtout pas , j’ai déjà bien payé
Accepte malgré toi , de ne pas te juger
L’amour est un en-cas préféré des enfants
La haine est le combat que réservent certains quand
L’imaginaire s’enfuit pour ne laisser la place
Qu’aux rêves inassouvis des gens perdant la face
Il me reste l’espoir de pouvoir reconstruire
Au gré de mon vouloir , la vie qui me sourit
Loin de ces péremptoires assoiffés de détruire
Ma propre symphonie enivrante d'envie