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vendredi 13 décembre 2024

De l'enfant que j'étais...

Image du net.
 

De l’enfant que j’étais,
tu n’as pas su tenir la main,
pas pu, pas voulu, c’est si loin.
Qu’importe les jeux du destin.
Rien ni personne ne pourra réveiller
tous mes silencieux matins
endormis sur le bord du chemin.

Ton amour, toujours pour demain,
s’est perdu en changeant de train,
volant le temps en allant plus loin.

Il me fallait couper les ponts,
au hasard changer d’horizon,
simplement quitter ta maison.
J’avais de bien belles choses à vivre encore,
sur une autre rive où fleurissent les lilas légers.

Oubliées tes brumes sourdes cachant l’or
de mes chimères arc en ciel, de mes frêles aurores,
de mes belles rêveries que tu ignores.

Nous deux, ce n’est rien que du temps gaspillé.
Y Penseras-tu quand tes yeux se fermeront…

 

 


mercredi 4 décembre 2024

Assise

 

Photo rencontrée sur le Net.

Dans le flou silence d’une solitude froide égarée sur un quai de gare, pleure un cœur enfoui dans une poitrine prison. Versant une larme sur le désert décoloré de ses regrets de sable, assise, frissonnante, une femme ferme les yeux. Ses sanglots barbouillent de nacre et de suie un soleil fugitif, épuisé. Un train, indifférent aux reflets dérisoires du jour, chemine vers un ailleurs qu’elle sait plus beau, plus vivant, plus magique. Son corps, la cage sombre, humide, de son tourment, se remplit d’une peine douloureuse. Une plainte.

Perdue, tremblante, misérable, la femme aux longs cheveux auburn murmure un chant rempli de pluie noire. Une pluie suintant, comme un long soupir secret, sur la pierre et le bitume. Son cœur bat il encore ? Ses mains jointes, agitées pas une torture nerveuse, sont blanches, détrempées.

Le train s’est déjà enfuit.

Sa vie a perdu la raison dans un décor rongé par le jour poisseux.