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mardi 7 février 2023

Instantané.

 

Photo chipée au Net.

La coupole jette un œil trouble dans la rue grise qui respire le rire des passants.

Et

Le café immobile
L’air fade
Le journal déplié
La femme absente
Ses mains serrées
Ses cheveux défaits
Son visage fuyant
Un verre mi vide
L’attente encore
Partir…

Quand ?
Demain ?
Qui sait ?
Sa vie est ailleurs.

Où ?

vendredi 3 février 2023

Et le jour paresseux s’est endormi…


La brume, discrète, te regarde ma Loire.
Tu ignores l’écharpe offerte.

Des ombres rousses épousent les dernières rumeurs du jour,
boivent les silences outremer des vignes engourdies.
Dans ton lit silencieux,
à peine troublé par l’horloge bavarde du temps,
nonchalante,
tu poses ta nuque sur la rive froide,
les yeux envahis d’étoiles chapardées,
de ta main blanche,
dans le voile lacté
du ciel déjà bien sage.

L’air est parfumé de glace piquante,
première offrande d’une nuit où partent à la dérive
des promesses fugaces.

Je devine le battement de tes paupières.
J’hume tes mots doux enrobés du sucre léger de ton souffle indolent.
Je sens ce murmure courir sur ta peau
inondé d’un crépuscule diaphane
à l’écho ambré.

Et le jour paresseux s’est endormi…


 

jeudi 26 janvier 2023

Ta fièvre me fait oublier l’hiver…

 

Dans sa pelisse sombre, l’hiver féroce griffe le temps fragile en mordant sur son chemin le rire clair des gamins lumineux galopant entre les rangs de vigne. Le ciel se laisse dévorer par un feu fou où serpentent des arabesques blanches dessinées par le vent glacial. Son souffle têtu réinvente, dans les sillons du possible, une farandole folle où jupons et jambes nues se tutoient avec une fièvre incorrigible.

Voilà le soir et ses minutes de liberté, l’envie de manger les nuages, de croquer les étoiles, de déchirer le taffetas vaporeux des brumes parfumées que le soleil ne caresse déjà plus.

 

Je te regarde dans les yeux. Tu souris, à moi, au vent, aux arbres. Ton corps se lovant autours de tes îles ravies se fait miroir sans fin où viennent se mirer les songes mélancoliques du crépuscule farfelu.

J’aime les battements de ton cœur la nuit, quand la pluie vient perler dans ta chevelure peu sage, au reflet de nacre. Ces gouttes fraîches sont nos amies. Elles courent sur ta peau aux senteurs malicieuses.

Ta fièvre me fait oublier l’hiver…