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mercredi 15 février 2023

La nuit est douce.

 

Photo glanée sur le Net.

Je m’enveloppe de la nuit audacieuse.
Je pose la main sur la mousse tendre du velours indigo de notre couverture épaisse,
l’âme folle,
le cœur en feu.
Je devine la douceur de tes reins,
là où serpentent,
comme le souffle d’un animal fiévreux,
des ombres fauves.
Des reflets tièdes viennent parfumer les singuliers rayons du soir.
J’écoute les rires fous du temps aimable
berçant nos jolies chansons de fraîcheur.
Il est si doux de voir blanchir nos rides ensemble.
De bavarder en silence du vin tendre de nos vingt ans,
mis cassis,
mi mûre.
De goûter aux fruits bien charnus de nos rêves
que les tempêtes sauvages n’ont pas su faire basculer
dans l’encre terrible de nuits glaciales.

 

mardi 7 février 2023

Instantané.

 

Photo chipée au Net.

La coupole jette un œil trouble dans la rue grise qui respire le rire des passants.

Et

Le café immobile
L’air fade
Le journal déplié
La femme absente
Ses mains serrées
Ses cheveux défaits
Son visage fuyant
Un verre mi vide
L’attente encore
Partir…

Quand ?
Demain ?
Qui sait ?
Sa vie est ailleurs.

Où ?

vendredi 3 février 2023

Et le jour paresseux s’est endormi…


La brume, discrète, te regarde ma Loire.
Tu ignores l’écharpe offerte.

Des ombres rousses épousent les dernières rumeurs du jour,
boivent les silences outremer des vignes engourdies.
Dans ton lit silencieux,
à peine troublé par l’horloge bavarde du temps,
nonchalante,
tu poses ta nuque sur la rive froide,
les yeux envahis d’étoiles chapardées,
de ta main blanche,
dans le voile lacté
du ciel déjà bien sage.

L’air est parfumé de glace piquante,
première offrande d’une nuit où partent à la dérive
des promesses fugaces.

Je devine le battement de tes paupières.
J’hume tes mots doux enrobés du sucre léger de ton souffle indolent.
Je sens ce murmure courir sur ta peau
inondé d’un crépuscule diaphane
à l’écho ambré.

Et le jour paresseux s’est endormi…