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lundi 5 août 2019

Ombres évanouies...






Puisque la nuit nous regarde sans trembler, laissons la lumière s’engourdir dans les silences égarés de nos rêves sucrés…

Le bleu de tes longs cheveux dansent dans ton cou, coulent en une rivière rieuse, et les draps changent de couleur.
L’instant électrique, suspendu au bout d’un fil de soie, araignée du désir, s’invite dans le courant d’air tiède de l’orage.
Tes yeux se ferment, ta main s’avance, tes lèvres se tendent. Les éclairs balaient l’onde laiteuse des rideaux prisonniers de l’étreinte du vent chaud.

Alors le temps s’arrête au cœur de nos respirations brûlantes pour laisser la nuit poser sa patte de velours sur nos ombres évanouies.

dimanche 4 août 2019

Revenir...


Partir.
Revenir.
Une gare.
Un train.
Un quai.

L’épais bourdonnement du voyage
livré aux humeurs inapprivoisées
des voies sinueuses.
Le roulis.
Le silence des voyageurs
dévorés par leurs portables.
L’éphémère paysage
chassé par la vitesse,
derrière une vitre
aux traces tristes,
définitives.
Le temps,
égaré sur l’horizon,
s’échappant toujours aussi maladroit.
La solitude sans un mot,
sans sommeil,
ballotté par des remous infinis.

Partir, revenir.
La gare,
chiffonnée au bout du quai
par l’absence d’un regard.
Les lueurs lourdes qui s’ébrouent,
oranges,
tièdes,
vaporeuses,
sous la verrière.

Revenir…

dimanche 19 mai 2019

Le silence


Le silence est une étrange compagnie.
Il berce ton cœur d’une douceur vaporeuse.
Tu dors bel oiseau, yeux fermés, mains ouvertes.
L’air tremble.
Une musique, rythmée par la danse éthérée du rideau offert au vent, devant la fenêtre entrouverte, s’égoutte.
Je voudrais être comme toi, enveloppé par l’odeur sauvagine d’un monde de sommeil…
Dormir sans regret, loin de la pluie, loin des mots qui font mal. Tisser des rêves avec les couleurs folles qui ondulent sous le soleil, sous le ciel bleu de ce pays dont tu me parles chaque matin en me promettant d’y aller un jour. Demain peut-être. Parce que c’est beau, toi tu le sais.



Dans le lit que nos corps ont défait, tu respires, les cheveux éparpillés sur l’oreiller.
Ton bonheur est nu, sans fanfreluches inutiles, logé dans la moue sensuelle que tes lèvres dessinent sur ton visage pour les offrir à la langueur du temps qui passe.

Au petit matin, avec toi, je prends le train…

 Image empruntée au net.