Le ciel,
sur son interminable tablier gris,
dégouline en ronchonnant.
Notre jardin devient prisonnier de son chagrin céleste.
Il enveloppe l’horizon d’un châle sournois,
épais.
Nos cœurs se perdent dans les nœuds agaçant
de cette toile touffue et pesante.
Un,
deux…
nous ne comptons plus les jours où la pluie tisse son rideau
sinistre
en nous rendant fous.
La vie a égaré sa magie dans la ronde lente des nuages.
Le temps,
sournois sablier de notre lassitude,
froisse la lumière,
déchire nos envies.
Nos songes ne bavardent plus,
trop envoutés par le silence.
L’hiver traine les pieds,
triste et tiède.
Il nous nargue avec ses hautes bottes vertes,
ses éclaboussures transparentes.
Il abuse,
tout simplement,
nous engourdit…
Derrière la fenêtre,
j’espère mollement le soleil ;
tu attends,
inerte,
son charme éblouissant.
Le banc nous observe,
les pieds dans l’eau…
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