La lumière grise et bleue dévore les grandes vitres de
l’interminable couloir pendant que nos bavardages s’attachent à l’ordinaire.
Nos pas tremblants se perdent dans l’indifférence grouillante de la foule
agitée. Le temps s’use sur le fil de nos piétinements.
C’est l’instant du départ se jetant dans nos derniers
regards.
Dans nos cœurs, ton vol de nuit déjà nous sépare en gonflant
les voiles de nos appréhensions tues.
Orly est décidément bien triste avec ou sans Bécaud,
et Brel n’y peut plus rien.
Une bruine silencieuse s’immisce dans nos yeux. Nos
derniers battements de paupière sont redoutables. Tu pars là où tout nous
éloigne. Tu prends le large pour un monde inconnu qui te dévore déjà.
Un dernier silence sur ton avion qui se cabre…
Et tu n’es plus dans nos bras qu’un au revoir diaphane.