Elle court, fugace, claire.
Chantante et lumineuse.
Caressante et lascive.
Discrète et amusée.
Le
cœur du monde vient se reposer ici, à l’ombre des falaises, loin du tumulte de
nos bêtises et de nos errances, loin de cette folie tapageuse qui se veut musique
pour nous faire danser. Loin des mensonges mille fois répétés.
La rivière, miroir sans cesse en métamorphose, éclabousse nos visages d’éclats de jour. Le temps, voyageur toujours enfoui dans la valise de nos voyages improvisés, nous accorde une délicieuse pause colorée par les doux baisers du soleil. Le ciel abandonne les nuages à leur liberté fraîche.
Je devine les murmures de ton cœur. L’embellie végétale nous frôle à chaque fois que notre bateau s’approche des rives. Tout est calme. Le feulement de l’eau sur la coque de la barque nous enivre.
Tu fermes les yeux, fugace, fragile. Tu chantes du bout des lèvres ce silence volubile.
Le Tarn nous charme dans la nonchalance de ses gorges.
Tu m’embarques tendrement vers d’autres rives avec un chant de sirène s’élevant de ta gorge éclairée de magie, tes doigts chatouillant l’onde transparente…








