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dimanche 4 août 2019

Revenir...


Partir.
Revenir.
Une gare.
Un train.
Un quai.

L’épais bourdonnement du voyage
livré aux humeurs inapprivoisées
des voies sinueuses.
Le roulis.
Le silence des voyageurs
dévorés par leurs portables.
L’éphémère paysage
chassé par la vitesse,
derrière une vitre
aux traces tristes,
définitives.
Le temps,
égaré sur l’horizon,
s’échappant toujours aussi maladroit.
La solitude sans un mot,
sans sommeil,
ballotté par des remous infinis.

Partir, revenir.
La gare,
chiffonnée au bout du quai
par l’absence d’un regard.
Les lueurs lourdes qui s’ébrouent,
oranges,
tièdes,
vaporeuses,
sous la verrière.

Revenir…

dimanche 19 mai 2019

Le silence


Le silence est une étrange compagnie.
Il berce ton cœur d’une douceur vaporeuse.
Tu dors bel oiseau, yeux fermés, mains ouvertes.
L’air tremble.
Une musique, rythmée par la danse éthérée du rideau offert au vent, devant la fenêtre entrouverte, s’égoutte.
Je voudrais être comme toi, enveloppé par l’odeur sauvagine d’un monde de sommeil…
Dormir sans regret, loin de la pluie, loin des mots qui font mal. Tisser des rêves avec les couleurs folles qui ondulent sous le soleil, sous le ciel bleu de ce pays dont tu me parles chaque matin en me promettant d’y aller un jour. Demain peut-être. Parce que c’est beau, toi tu le sais.



Dans le lit que nos corps ont défait, tu respires, les cheveux éparpillés sur l’oreiller.
Ton bonheur est nu, sans fanfreluches inutiles, logé dans la moue sensuelle que tes lèvres dessinent sur ton visage pour les offrir à la langueur du temps qui passe.

Au petit matin, avec toi, je prends le train…

 Image empruntée au net.


lundi 29 avril 2019

Le dernier train.


Rêveur,
je me joue des petits silences
qui cheminent dans le soir
pendant que les bavardages s’effacent
sous le regard tremblant des réverbères.

Les quais sont déserts,
les trains enfuis.

Des étreintes meurtries dorment
au fond des bagages
égarés
près du kiosque à journaux
aux paupières baissées.

 Gare de Tours, un soir de silence...


La nuit respire alors en un râle bleu,
imprime la misère sombre du monde
sous la fragile verrière en verre
qui protège les dernières images
de la fuite de l’autre.

La solitude du voyageur,
abandonné sur son banc,
a l’aigreur épaisse de ces soirs maudits
où nous ratons le dernier train
pour le bonheur.


Le train, point de départ de mon retour... à pas lent, je le reconnais.