Revenir.
Une gare.
Un train.
Un quai.
L’épais bourdonnement du voyage
livré aux humeurs inapprivoisées
des voies sinueuses.
Le roulis.
Le silence des voyageurs
dévorés par leurs portables.
L’éphémère paysage
chassé par la vitesse,
derrière une vitre
aux traces tristes,
définitives.
Le temps,
égaré sur l’horizon,
s’échappant toujours aussi maladroit.
La solitude sans un mot,
sans sommeil,
ballotté par des remous infinis.
Partir, revenir.
La gare,
chiffonnée au bout du quai
par l’absence d’un regard.
Les lueurs lourdes qui s’ébrouent,
oranges,
tièdes,
vaporeuses,
sous la verrière.
Revenir…


