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lundi 1 juillet 2024

Il fait noir au pays des lumières.

 


Le temps chahute les silences qui se perdent au fond des jours. J’entends, dans les brumes folles de l’avenir, des bruits sourds de bottes neuves aux vieux parfums aigres. Une nuit collante s’est abattue sur la sagesse du monde, l’intelligence des naufragés égarés, telle une bure toujours brune griffant des peaux encore blanches.

Que les nuits sont mauvaises, carnassières, voraces.

Comme nos mémoires sont fragiles…

Et demain se prépare à nous laisser mourir.

 

mercredi 12 juin 2024

Tes mains nouées.

 

Et la vie déroute l'existence...

Dans cet après-midi frileux s’étiolant dans la pâle chambre où tu ne dors pas, des ombres fidèles dessinent des regards confus, des sourires bouleversés, émus. Des bavardages lointains se diluent dans l’air médicalement parfumé de silence. Tes mots, murmurés sur ton oreiller, s’échappent, fatigués, de tes songes douloureux, ce royaume sauvage où tu t’enlises comme dans un refuge. Qu’es-tu devenus, toi le bon vivant à l’âme joyeuse, au verre rempli de promesses, à la table garnie d’humanité ?

Je vois tes mains nouées, blanches, fragiles témoins de ton existence généreuse.

Ma gorge se serre.

Mes yeux me brûlent.

Qu’es-tu devenu ?

mardi 11 juin 2024

Un voile d'ombre sur l'avenir...

 

Un voile d'ombre sur l'avenir...

Sur le toit de l’histoire, les nuages pataugent dans un brouhaha nauséabond abandonné par un soleil assassin, aux éclats décolorés par le mensonge. Le jour aurait le parfum d’un bel été s’il n’était pas souillé par les embruns que la nuit a déposés sur la crête élimée de l’horizon, encombrée de rêves à l’agonie. Le chant du vent ressemble à un grand trou noir dans lequel un loup belliqueux grogne, la gueule grande ouverte, les dents effilées. Semant la peur à grand coups de fouet. Claquement sinistre laissant courir son écho acide vers un lendemain aux rires absents.