Pages

jeudi 29 janvier 2026

Un silence délicat.

 


Le silence délicat,
d’une rivière oisive entre ses deux rives,
frémit sous le soleil s’éteignant comme un enfant fatigué.
Il a tant joué.
Jeux d’ombres savantes,
rafraîchies d’amour.
Son cœur bousculé bat encore bien fort sous les étoiles qui s’allument.
Partage tendre.
Espoir de passion.
Rires piquants comme des éclats de givre frôlant ses joues à la peau fine.
Les arbres tremblent,
rideaux transparents,
au-dessus de nos têtes.

Et puis,
plus loin,
la lente respiration d’un moulin.
D’un drôle de moulin.
Le jour tellement triste de partir…
Le gazouillis bleu de ce drôle de moulin,
fou à lier.
La Loire engourdie qui sourit de nos rires amusés.

La lumière est bien,
Assez claire et fine
Quand tu me tiens la main…
Juste un bout de bonheur sur un doux chemin où roulent
les ultimes éclaboussures
d’un soleil incandescent…

 

 

mardi 27 janvier 2026

Joli monde!

 

Image rencontrée sur le net.

 

Tu se reposes, petite sauvageonne au musc imprévisible, dans le matin tendre. La lune s’est éteinte dans l’ourlet ambre du début du jour engourdi. Je me suis recouché au cœur de l’ombre encore toute fragile, endormie au milieu du fouillis parme des draps éparpillés dans le creux de ton dos.

L’aurore tiède, bercée par la douce mélancolie du brouillard épais et bleu, s’est blottie autour des vignes. C’est dans l’indigo silencieux que je me suis assoupi, bercé par les battements apaisés de ton cœur, là, dans le furtif bonheur soyeux de notre lit.

Dans chaque poème il y a un livre, dans ton souffle il y a un voyage. Le frôlement de mes mains bavarde avec les frémissements de ta peau. Un démon dément se réveille, ranime les vestiges somnolents d’une nuit d’audaces. Nos bouches dansent. Nos lèvres brillent… ton jardin secret exhale ses merveilleux parfums exotiques…

 

Joli monde!

 

 

vendredi 23 janvier 2026

Comment effacer les traces de ce qui ne se voit pas?

 

Image empruntée au net.

J’ai toujours connu votre maison gorgée de rires, de couleurs tendres, de moments précieux… ce soir-là, dans l’outremer naissant de la nuit accourant, je t’ai retrouvée dans le noir, agar et nue, perdue.

Pourtant, j’étais juste venu pour vous embrasser, profiter de votre douce lumière, du feu rassurant de votre cheminée, une bouteille de vin à la main. Je voulais prendre un verre et trinquer à votre amour que j’imaginais sans détour, clair comme une source de montagne, transparent… Je passais simplement pour voir deux amants heureux de regarder dans la même direction en se tenant la main. J’étais venu partager un bout de votre amitié sincère, celle qui nous faisait tenir debout face aux tempêtes qui broient les bateaux sans âme. J’avais dans les yeux votre regard amoureux, tellement amusant. Vous étiez mon rêve, l’idéal à suivre même dans mes nuits sans sommeil quand des songent toxiques inondent mes insomnies.

Tes yeux détrempés, ton blues dans l’obscurité, ton corps recroquevillé, tes mains égarées sur tes épaules en avouaient bien plus que de longs discours. Entre tes sanglots, le silence ne parlait que de toi, de ses coups sauvages qu’il faisait pleuvoir sur ta peau brune pour y voir pousser des bleus arrogants.

Tu avais su te taire pour tout cacher. Souffrir en silence, la tête enfouie sous un oreiller pour que personne ne puisse entendre les cris de ton cœur égaré dans ta solitude. Ta solitude mortifère.

Alors, mes mots se sont perdus dans un mutisme glacial, coupable. Mes mains ont glissé sur ta peau terrorisée. Elles tremblaient à l’envie de te toucher. Tremblements de honte, d’impuissance. Tes larmes dégoulinaient sur tes joues bleuies, s’engouffraient dans ton cou comme dans un puits sans fond. La frayeur que ne pouvait plus dissimuler ton visage aux yeux éteints était le témoin de la fréquence de la folie d’un homme que tu croyais aimer. Aimer à la vie, à la mort. Où est la frontière imaginaire entre ces deux rives qui étaient devenues ta prison ?

 

Aujourd’hui, dans ton désarroi toujours fidèle, tu me regardes juste pour demander pardon, toi encore otage d’un monstre qui t’écrasait de frayeur depuis trop longtemps. C’est moi qui devrais te demander pardon d’avoir été aveugle si longtemps. Je n’imaginais pas les poings et les pieds de mon ami de toujours avoir autant de hargne pour venir meurtrir tout ton être avec cette fureur dévastatrice. Il faut être un animal pour faire ça. Bien qu’un animal ne fasse pas le mal par plaisir, mais par nécessité. Pour vivre ou survivre. Combien de rage portait-il en lui pour se laisser déborder par autant de sauvagerie ?

 

Avec de la patience, je finirai sans doute par guérir tes plaies, mais comment effacer les traces de ce qui ne se voit pas?