Les nuages
pleurent lourdement sur l’horizon
avachi dans d’obscures lumières insondables.
Les arbres,
inondés de silences obséquieux,
tremblent,
funestes funambules.
Les restes du jour ont relevé leurs jupes
et le vent froid agite leurs dentelles déchirées,
linceul blafard.
Pourtant,
tenace,
la vie s’accroche aux remparts de la nuit mouvante
murmurant des chants d’hiver.
Je ne dors pas encore et tu t’agites,
fragile,
dans nos draps de doute.
Serpente,
dans l’air taché d’étincelles grises,
des envies qui ne viendront plus.
Ce soir,
j’ai perdu mes idées noires dans tes cheveux cendre,
et fermé mes yeux sur ton corps endormi,
le souffle plein de soleil.


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