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lundi 28 août 2023

Le causse Méjean.

 



Le jour somnole dans un air piqué de soleil. Le vent chaud court en petites boules jaunes au travers des pâtures où ronronnent des pierres sèches, endormies, blanches, posées là par des femmes et des hommes remplis de courage. Murs enchanteurs serpentant en arabesques souples, sinueuses, pour nous raconter la sagesse minérale du lieu. Nous compter les nuances d’un ciel au bleu intact, pur.

Midi laisse trainer l’ombre du sureau sur la nappe de la table que tu as dressée dans un coin du paysage. Nos bavardages s’invitent entre les verres de rosé. Des souvenirs s’invitent entre les mots qui flottent avec nonchalance au cœur des parfums du causse, se glissent entre nos rires que ta gentillesse éclaire du pétillement de tes yeux. Le moment est délicieusement partagé en toute simplicité. Le temps s’arrête, par magie, à la faveur de ce déjeuner buissonnier.

Le causse Méjean est bien un autre monde, tu en parles avec tendresse.

Les pierres se mettent à chanter, couvrant le silence de leurs ombres fraîches. Les herbes ondulent dans un mouvement appliqué, tout en grâce, au grès des caprices du vent. Je ferme les yeux pour mieux ressentir la force de ce pays.

C’est si bon de se retrouver, de se ressourcer.

Merci Solange de nous avoir offert ce bonheur.

 

Retrouvailles avec l'autrice
Solange Tellier,
au cœur du Méjean.
Un moment bonheur. Août 2023.



jeudi 24 août 2023

Le coeur du monde vient se reposer ici...

 


Elle court, fugace, claire.
Chantante et lumineuse.
Caressante et lascive.
Discrète et amusée.

 

Le cœur du monde vient se reposer ici, à l’ombre des falaises, loin du tumulte de nos bêtises et de nos errances, loin de cette folie tapageuse qui se veut musique pour nous faire danser. Loin des mensonges mille fois répétés.


La rivière, miroir sans cesse en métamorphose, éclabousse nos visages d’éclats de jour. Le temps, voyageur toujours enfoui dans la valise de nos voyages improvisés, nous accorde une délicieuse pause colorée par les doux baisers du soleil. Le ciel abandonne les nuages à leur liberté fraîche.

 

Je devine les murmures de ton cœur. L’embellie végétale nous frôle à chaque fois que notre bateau s’approche des rives. Tout est calme. Le feulement de l’eau sur la coque de la barque nous enivre.

 

Tu fermes les yeux, fugace, fragile. Tu chantes du bout des lèvres ce silence volubile.

Le Tarn nous charme dans la nonchalance de ses gorges.

Tu m’embarques tendrement vers d’autres rives avec un chant de sirène s’élevant de ta gorge éclairée de magie, tes doigts chatouillant l’onde transparente…

 

Les gorges du Tarn (48), 20 juillet 2023