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vendredi 14 janvier 2022

Le bateau ivre.

 

 Le bac du Pellerin (44), un soir d'hiver.

Le bateau ivre,
emporté dans sa ronde blanche
par la mélodie de l’air,
dérive entre la Loire et le ciel,
ligne trouble où le tendre rend triste.

le ciel est capiteux,
le fleuve puissant.
Le cœur des muses indigo titube,
en attendant des caresses.
Le jour endormi sur l’horizon,
loin des fourmillements agités
du monde pleurant ses amours
évanouies dans le noir des rives,
ferme les yeux.

Et les typhas effarés,
dansent dans l’air,
brindilles de solitude
colorées d’un rai de soleil éteint.

lundi 10 janvier 2022

Etrennes...

 


- Te souviens-tu de ces jours heureux teintés par les couleurs brûlantes de l’été, sur le bord de la rivière, dans l’eau et ses farandoles d’éclaboussures ?

- Oui…

- On voyait s’accumuler sur l’horizon de gros nuages lourds avec leurs mouvements épais, leurs boursouflures noires, annonciateurs d’orages. On regardait la tempête sournoise approcher en buvant à petites lampées gourmandes chaque minute de soleil offerte. L’insouciance aiguisait nos rires. Nos baisers de mômes ponctuaient les jeux. C’était une ribambelle de saveurs sucrées sur la peau de nos corps nus, innocente baignade musicale dans la fraîcheur de nos bousculades.

- C’était chouette.

- Alors, le soufre barbouillait brutalement le soleil, avec des gestes sauvages, pour l’abandonner aux nuages voraces. La pluie se mettait à tomber. Sombre. Puissante. Chaude. La dernière fois que j’ai vécu cet instant imprégné de folie, c’était il y a deux ans. Les trombes obscures n’ont pas cessé depuis.

- La pluie n’est jamais définitive.

- J’en doute…

- Elle nous attriste souvent mais finit par écarter le rideau de ses jupons pour redonner un horizon au soleil. Il revient sans rancune. Sans bouder. Toujours aussi généreux. Les mensonges ne sont pas étanches et la vérité est comme l’eau des déluges. L’orage sera bientôt fini, et nous retrouverons nos jeux dans l’eau de la rivière.

Tout évènement pouvant en rappeler d’autres serait-il fortuit ?
Mon cadeau pour vos étrennes.
Extrait d’un bout de travail pour mon prochain opus…


mardi 4 janvier 2022

Promesses.

 

Je connais bien ces soirs enjôleurs
doucement à la dérive du temps qui s’enfuit…

Une pause paisible
avant le sommeil langoureux ;
les espiègleries élégantes
d’une nudité sauvage ;
le parfum capiteux
de ton sourire raffiné ;
le tangage étourdissant
de ton corps exotique.

Et voilà que le soleil accourt dans son tourbillon flamboyant.
La Loire lisse d’une main sensuelle
les draps de la nuit bordés de dentelles indigo.