L’été étourdit
les vignes de son vent brûlant avec une brutalité orgueilleuse.
L’herbe est
rêche,
les arbres s’abandonnent dans un tourbillon ambre
pendant que s’affolent les feuilles desséchées.
Une valse sourde effilochant là leur intime équilibre.
Je regarde
le ciel, infiniment bleu, limpide et serein.
Tu ne dis rien, croises les mains derrière ta nuque.
Sur ta peau sauvagine se lovent tes fins cheveux épars,
l’air vanillé pleure doucement sur ton parfum de muse sucrée.
L’été se
montre enfin,
cruel,
prenant notre jardin en otage.
La fantaisie s’est égarée dans ses ombres douloureuses,
attendant l’orage comme une délivrance.
Tes doigts serpentent en chamboulant ta chevelure.
Et tes yeux mi-clos espèrent l’audace, le grondement du tonnerre.




