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vendredi 6 août 2021

La sieste.

 

Un ciel déluré a posé ses coussins de paille tiède, dorée, sur le sol bénit de soleil.
Des ombres fines crochètent en silence des guipures cendrées, entre les cailloux où se reposent les murmures encore sages du temps s’éparpillant sur l’horizon.
L’été s’est réchauffé. Le vent s’est tu.
Nos pas pressés ont pris le temps de la mesure. Ils trainent dans un halo de poussière libertine.
L’eau fraiche de mes mains ravive ta bouche asséchée.

La belle pause bonheur allongés sous l’épais feuillage des tilleuls parfumés !
Nos yeux mi-clos retiennent le vide qui nous envahit.
Nos âmes enchantées se laissent emporter dans une douce dérive.

Sieste au Cap Hornu (80) 22 juillet 2021.

 

 
 

 


mercredi 4 août 2021

La mer commence là...

 

La vie s’arrête là.
Elle est venue se perdre dans un courant d’air marin,
au bout de la terre,
dans une descente vertigineuse dégoulinant des valleuses.
Son ultime souffle,
brun,
décousu,
abandonnant des guirlandes de pierres noires comme autant de trophées inutiles,
s’écrase dans le vide d’un voyage fiévreux.

La mer commence là.
Écho moiré à ses angoisses sournoises,
berceuse mouvante,
long sanglot sonore.
Elle est venue l’accueillir avec ses gants de galets gris,
ronds,
fragiles,
sertis d’écume en dentelle.
Une immense houppelande verte couvre son corps blanc et nu.

Je l’imagine endormie,
apaisée,
engourdie.

Le jour ne peint plus d’ombre, ne dessine plus de ciel, déjà dans le sommeil.
Une descente en enfer, majestueuse.
Dernier cri de mouette au battement d’aile hésitant.
Sirène d’un bateau trop loin pour un adieu.

 Cap d'Antifer (76), 27 juillet 2021.


vendredi 30 juillet 2021

Poésie offerte au promeneur du soir.



La terre, voyageuse fragile à la chevelure affolée, respire doucement, apaisée par un chant de lumière venu de la mer. L’heure est douce. Dans une paix d’ombres, un souffle d’air aux multiples couleurs, serpente entre l’eau miroir et le sable humide.
C’est la vie galante qui se met à danser ; la lune ingénue qui se réveille ; le soleil souverain qui se couche, sequin d’or roulant dans son lit de soie violine.

 

Le calme nous enivre.
La nuit nous tend ses bras tièdes, nous invite au voyage, au rêve. À l’amour.

 

Derrière le rideau frémissant de l’horizon en feu,
tangue un crépuscule délicieux invitant à la sagesse.
La baie, déjà, remonte le duvet clair de ses flots indolents.
Mouvement infini ancré à la poésie sans cesse offerte au promeneur du soir.

 Coucher de soleil au Crotoy (80), 22 juillet 2021