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| Tableau trouvé sur la toile. |
Le matin rose laissait flotter sa brume pastelle sur l’horizon lointain. Le soleil timoré, annonciateur d’une journée claire, était pâle et froid. Deux chevaux, calmes, encore somnolents, secouaient leurs crinières de crin vaporeux en clignant des paupières. Le jour, à cette heure précoce, semblait bien fragile. Éphémère. Il se mélangeait au silence paresseux de la nuit déjà sur sa fin. Le ciel avait l’éclat fade d’une attente sans surprise.
Le chien, assis aux pieds de sa maitresse, avait le souffle flou, régulier. Observateur immobile, ses yeux glissaient de sa maitresse aux chevaux, des chevaux à sa maitresse. Il attendait. Il ignorait qui. Il ignorait quoi.
L’air frais piquait le visage et les mains de la jeune femme serrant une tasse de café chaud et fumant. Le regard vide, elle sentait monter en elle une patience inutile. Lourde. Son cœur se berçait d’une déchirante mélancolie. Viendrait-il de l’horizon enchâssé dans les couleurs délavées du lever du jour ? Elle se l’imaginait, comme une consolation récurrente, à chaque fois que ses nuits d’insomnies la conduisait là, au bord de la prairie à l’éternel tapis fleuri. Pour que l’aube la caresse avec douceur.
Sans cet homme sa vie rétrécie courait, mince filet d’eau toujours sauvage, vers un autre monde qu’elle ne connaitrait plus.
Elle remonta son châle de laine épaisse sur les épaules, autour de son cou. L’humidité la faisait frissonner. Ses yeux battaient, ailes de papillon crème sertie d’un fin trait noir, pour un envol improbable.
Elle chassa maladroitement des larmes qui brouillaient son regard. Le départ pesant, sans retour, du fugace bonheur entraperçu un soir d’été, l’engourdissait plus que le froid matinal.
L’improbable rencontre. L’impensable séparation. Ses espoirs d’enfant immobile. Sa jeunesse se fanant dans la rosée argentée. La solitude comme torture. Des lendemains sans lumière.
- Viens Lascar, on rentre, les vaches nous attendent.

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