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dimanche 21 avril 2024

Les chiens et les loups de l'insomnie.

 


La brume, enveloppant les chiens et les loups de l’insomnie, s’accroche à mon encre assoupie pendant que la lune sombre dans un sommeil étrange. Ma page glisse, tourne, blanche et vieillie. Mes mots crépusculaires la laissent nue et froide. Un rêve dans ma tête tempête, en guerrier épuisé. Dos au mur, face à la fenêtre ouverte dansant dans les courants d’air de la chute du jour venue me mordre, je bois l’air tiède, épais comme un velours détrempé. Plus loin l’orage et ses tambours bruyants peinent à avancer. Ma page blanche s’envole, tourbillonne, agaçante, insolente. Le collier de l’air lourd serpente dans les plis de mon cou et un silence idiot dort dans mon encrier. La pluie tâtonne sur l’horizon, aura-t-elle la force de me faire frémir. Je caresse les portes de la nuit close en sirotant un verre de vin blanc que le soir a abandonné à la lisière de mon bureau. L’aurore sans poussière me tente pour devenir ce fou lumineux que mes rêves espèrent. Alors, la magie de ta main douce, légère, brûlante, se pose, papillon évanescent, sur mon épaule… ton baiser, la musique de la pluie… demain peut encore attendre un peu.

 

vendredi 12 avril 2024

L'été frappe à la porte...

 


Un grand silence nous murmure une nuit chaude venue danser,
sur la pointe des pieds,
dans son tutu indigo,
parme,
tiède,
timide,
un lac des cygnes improbable.

Petits entrechats impertinents,
nuages ébahis,
un horizon qui sourit.
Le printemps se voit été,
rêve de nous emporter dans ses mains gourmandes,
chauffées par des rayons de soleil devenus
fous.
La nuit douce va jeter ses draps bleus au pied du lit,
d’un geste fragile,
ample et farouche.
Et nous,
égarés dans les sillons d’une lune aventureuse,
nous boirons l’air clair de notre chambre.
Les yeux fermés.
Le cœur battant.
L’âme enivrée.
Sans un mot.
Les lèvres tendues.

Le matin nous surprendra encore,
au petit jour piquant,
dans un feu d’artifice de promesses.