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lundi 9 décembre 2019

Le vent vient de loin, froid et noir.


Le vent vient de loin, froid et noir.
Porté par un ciel épais et sombre.
Il nous pique de ses étincelles grises, par bouffées silencieuses.
La mort rode et le chagrin rampe.
Les souvenirs cheminent aussi, à petits pas.
L’air peut trembler, la nuit dessine déjà ton absence.
Et rien pour te retenir.
La solitude sauvage berce le jour en te fermant les yeux.
Et tout ce temps qui nous sépare en taisant les mots que tu n’entends plus.
L’hiver est là, à cogner sans relâche sur ta fin de voyage.
Offrant l’ivresse des grands fonds à ta triste agonie.
 

jeudi 5 décembre 2019

Le jour s'enroule...



Le jour s’enroule dans sa fraicheur, d’un geste blanc, au cœur d’un profond silence fait de vent. Les nuages chatouillent la cime des arbres.
Fragile dimanche au rythme de nos pas hésitants.
La Loire remonte ses brumes sous son menton frileux. Elle recouvre ses yeux sanglots, dissimule ce teint fade qui lui va si mal.


Ta main qui court dans la mienne me rassure.
Elle est chaude.
Tu frémis avec la grâce d'une fleur d'hiver qui se découvre vivante aux premières gelées.
Tu es ma rose de Noël que même les chants de Ronsard ne peuvent faire pâlir...


samedi 30 novembre 2019

Nantes dort.


Nantes dort.
Enveloppée de satin bleu, d'encre divine et d'air souple. L'élégance est de mise sous sa chemise d'ombres discrètes. Le sommeil trottine dans les rues engourdies de silence feutré. Là, tombée de je ne sais où, une goutte sauvage, trace de pluie égarée dans l'incertitude délurée du cœur de la nuit. Puis la Loire vaillante, joliment enrubannée du souffle soyeux qui lui va si bien...



Nous découvrons un étonnant chemin... Des cercles de lumière suspendus sur une ile transparente, mouvante, que le vent d'encre s'entête à démêler de ses doigts fiévreux. 

Alors, comme mu par le hasard d'un tourbillon tiède, l’air de velours tendre vient balayer les cheveux du temps, dans le doux reflet des heures égarées.

Nantes dort.
Ne la réveillons pas...