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mercredi 12 juin 2024

Tes mains nouées.

 

Et la vie déroute l'existence...

Dans cet après-midi frileux s’étiolant dans la pâle chambre où tu ne dors pas, des ombres fidèles dessinent des regards confus, des sourires bouleversés, émus. Des bavardages lointains se diluent dans l’air médicalement parfumé de silence. Tes mots, murmurés sur ton oreiller, s’échappent, fatigués, de tes songes douloureux, ce royaume sauvage où tu t’enlises comme dans un refuge. Qu’es-tu devenus, toi le bon vivant à l’âme joyeuse, au verre rempli de promesses, à la table garnie d’humanité ?

Je vois tes mains nouées, blanches, fragiles témoins de ton existence généreuse.

Ma gorge se serre.

Mes yeux me brûlent.

Qu’es-tu devenu ?

mardi 11 juin 2024

Un voile d'ombre sur l'avenir...

 

Un voile d'ombre sur l'avenir...

Sur le toit de l’histoire, les nuages pataugent dans un brouhaha nauséabond abandonné par un soleil assassin, aux éclats décolorés par le mensonge. Le jour aurait le parfum d’un bel été s’il n’était pas souillé par les embruns que la nuit a déposés sur la crête élimée de l’horizon, encombrée de rêves à l’agonie. Le chant du vent ressemble à un grand trou noir dans lequel un loup belliqueux grogne, la gueule grande ouverte, les dents effilées. Semant la peur à grand coups de fouet. Claquement sinistre laissant courir son écho acide vers un lendemain aux rires absents.

lundi 27 mai 2024

Robes de soie fragile.

 


Elles portent leurs robes de soie fragile que le vent froisse à peine. Le ciel, paresseux, se plonge dans les couleurs que nos doigts électriques ont envie de toucher. C’est un bal tendre où chacune des poupées de verdure se déguise en Arlequin pour le carnaval de la fin du jour. Moment éphémère s’il en est, ridicule poignée de minutes égarées dans nos vies turbulentes, désespérantes.

Le rire de la comédie du monde s’immisce dans ces dentelles affriolantes, portées par des femmes aux sourires silencieux, posant leurs lèvres enflammées sur nos corps engourdis pour mieux les réveiller.

Et quand l’araignée des nuits diaboliques aura déchiré nos espoirs, nos illusions, le matin viendra mordre nos oreillers fatigués, encore humide de la blancheur nocturne, éclaboussures d’une lune indifférente.