lundi 20 novembre 2017

Femmes




Il y a des femmes faciles dans les ports
Vendant des rêves fragiles avec leurs corps,
Il y a des nuits et des silences épais,
Des odeurs de tabac, d'alcools forts, de marées.

Elles rongent la vie, grignotent nos absences,
Piègent la misère en un petit coup de rien,
Un geste à faire pour tromper les blancs matins,
Un chagrin, une heure à brûler la malchance...

Il y a des femmes dociles dans les ports,
Des hommes imbéciles donnent leur or,
La valse des hanches, la danse des bouches...

La lumière se traîne sur le sol sale,
Les draps, les corps, le bleu, histoire banale,
Histoire bancale d'une vie peu farouche...


dimanche 19 novembre 2017

Elle le sait...




Le sourire est fier, porté par un soir de velours rouge. Tapis soyeux. Tapis joyeux, dans une arène attentive.
Le regard de la femme est clair, vif, sans innocence… Sa main flotte jusqu’à ses lèvres entrouvertes, promises, sensuelles…
La salle est plongée tout entière dans l’ombre évanescente des tentures. Derniers bavardages feutrés, premiers silences obligés…

Elle ferme les yeux, rayonnante !
Elle se cambre, longiligne, mouvante.
Elle attend, elle invente, elle est amante sans sofa… la nuque offerte, cheveux attachés avec un peigne en ébène.
Elle laisse les prunelles distantes caresser sa robe, son corps qui se devine nu sous la toile fine…
Le spectacle sur la scène s’oublie, il est dans la salle.
Elle le sait, elle frissonne…


Dans la rumeur bleue se détache le peigne.
Les cheveux roulent sur ses épaules à la peau mate.
L’étreinte est fugitive, inventive.
La vanille fleurit dans la bouche.
La cannelle oscille dans le nez…
Mes yeux vibrent et le rideau se lève…