Pages

mercredi 19 février 2025

Attendre...

 

Image rencontrée sur le Net

Attendre la nuit l’écho du vent égaré dans le souffle éthéré des songes déjà impatients ;
Attendre le bruit tiède du soir éclaboussant la fin du jour de son haleine piquante ;
Attendre le roulis charmant d’un ciel éclairé d’outremer bercé d’un murmure tendre ;
Attendre que volent dans le vent ces mots bavardant avec les ailes sucrées de nos rêves ;
Attendre la folie des draps indigo pour s’enrouler dans nos enivrantes promesses du jour ;
Attendre tes mains douces pour dénouer la paresse de mon corps enfoui dans l’attente ;
Entendre ton souffle volcanique emportant mon impatience au-delà du possible ;
Attendre la fièvre de ton rire pour que ton âme gourmande se colle à mes silences enjoués.

Attendre.

Attendre que la lune roule dans notre lit et que nos cœurs se remplissent d’étoiles…

jeudi 13 février 2025

Seule la montagne sait forger un tel enchantement.

 


Le jour s’enveloppe d’un foulard de soie blanche que le souffle du temps soulève comme un jupon volage. Souple. Léger. Amusé. La neige craque, vierge, avec son silence onctueux de croute de pain juste sorti du four. L’air piquant soulève la ouate grise avec l’élégance du temps aimable pour dénicher le soleil. Il n’est pas bien loin le bougre, discret, rond. Il nous observe avec un étonnant sourire mat. Froid.

 

Nos pas se suivent, heureux et déterminés. Nos traces d’éléphants enchantés laissent derrière nous, pour d’autres intrépides, une promesse de bonheur. Je sais aujourd’hui que le Paradis est blanc. Que le vent, même l’hiver, y danse avec de biens belles dentelles éphémères. J’ai entendu leur rire courir sur les branches des arbres engourdis. J’ai soufflé sur la lumière interdite volant vers les crêtes aux pointes acérées. J’ai touché des yeux un rêve immaculé.

 

Seule la montagne sait forger un tel enchantement.


 
Balade du Puy Chalvin, la Chapelle Saint Laurent, les Combes. (05)
5,9km aller retour. 211m de dénivelé positif... puis négatif.

 
Merci à Pascal, mon ami, notre guide du jour, pour ce merveilleux partage.

mardi 11 février 2025

Laissons là ma muse se reposer…

 

Image rencontrée sur le net.

Les vallons ensorcelés de rêves jolis, attendent patiemment la sortie du sommeil de la nymphe assoupie, nue, solitaire. Son corps tiède épouse les silences froids de l’écorce de son arbre. Glissent sur sa peau, lisses et tendres, des baisers d’anges, éparpillés ici où là, presque ailleurs, lovés dans le trouble du jour qui vient d’éclore. Engourdi par le vent silencieux, humant l’air sauvage offert en partage, en amant protecteur, l’arbre veille.

La lumière, toute blanche de la vallée, chemine comme un vol de papillons égarés dans ses sillons tracés pendant la nuit. Dans ses plaines inconnues aux ombres inattendues, elle ondule, docile, là où l’aventure s’invente à chaque orage, brûlante comme une âme insoumise. Seul le diable peut comprendre…

Le temps s’effiloche, guettant l’ouverture de ses paupières tendrement fermées, encore lourdes de sommeil. La nymphe dans ses langueurs reste allongée, violoncelle à l’archer caressant, silhouette respirant la musique du matin. Sa pause est une invite fragile.

Laissons là ma muse se reposer…