Pages

mercredi 4 mars 2026

Le matin se frotte les mains.

 

Image rencontrée sur le net.


Esquisse blanche d’un hiver insoumis,
le jour s’échappe de la nuit sans bruit.
Le matin se frotte les mains sous la pluie,
troubadour assis, encore endormi.

Le vent fouette son visage, pique son nez ;
le ciel fronce les sourcils mais rien n’y fait :
ce jour engourdi, sans lumière, grognon,
sème un peu partout de frêles soupirs,
frissonnantes petites tâches de cire
collées aux manches d’un vagabond.


samedi 28 février 2026

Le brasier s'étend.

 


L’incendie ondule entre ciel et eau,
sur une mer apaisée.
Calme.
Nous devinons à peine les éclaboussures
élégantes et éphémères,
là-bas,
perdues aux limites de l’Océan.

Ton cœur tremble.
Mon corps frémis.
Nous avons craint la pluie,
ses filets de nuages opaques.
Nous avons bu le vent gris du jour
qui était de passage.
Voilà que le soir nous enveloppe de lumières flamboyantes…
Et tu deviens Andalouse !
Étrange feulement du vent fiévreux
allongé sur le sable encore tiède des éclats de la fin du jour.
Étrange…

Envahis par la moiteur du soir
grimpant en nous comme une sève piquante,
nos corps s’évaporent dans l’or de l’horizon.
Nos yeux se remplissent de l’ocre de ce moment vespéral,
un peu fou.
Nos regards se jouent des reflets scintillants.

Je cherche ta main,
là où le soleil s’ensommeille,
plongeant le jour dans des heures écarlates.
La béatitude nous attend
sur le bord de notre lit,
bavarde.
Tes silences prometteurs se prolongent dans les miens.
Le brasier s’étend...

 

vendredi 27 février 2026

Derrière la fenêtre.

 


 

Le ciel,
sur son interminable tablier gris,
dégouline en ronchonnant.
Notre jardin devient prisonnier de son chagrin céleste.
Il enveloppe l’horizon d’un châle sournois,
épais.
Nos cœurs se perdent dans les nœuds agaçant
de cette toile touffue et pesante.
Un,
deux…
nous ne comptons plus les jours où la pluie tisse son rideau
sinistre
en nous rendant fous.
La vie a égaré sa magie dans la ronde lente des nuages.
Le temps,
sournois sablier de notre lassitude,
froisse la lumière,
déchire nos envies.
Nos songes ne bavardent plus,
trop envoutés par le silence.
L’hiver traine les pieds,
triste et tiède.
Il nous nargue avec ses hautes bottes vertes,
ses éclaboussures transparentes.
Il abuse,
tout simplement,
nous engourdit…

Derrière la fenêtre,
j’espère mollement le soleil ;
tu attends,
inerte,
son charme éblouissant.
Le banc nous observe,

les pieds dans l’eau…