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lundi 10 août 2026

La pluie ne viendra pas cette nuit...

 


 

Dans le chaud tourbillon du soir dégoulinent la moiteur de l’air, du vent, de nos envies, mille et une lucioles vagabondes et indolentes. La nuit peine à venir en déchirant l’épais velours bleu du crépuscule. Dans ses draps chiffonnés, secs et verts, engourdie, la silhouette fugace du temps valse. S’envolent de fines poussières grises, farandole amusée par le murmure des heures dissipées. La fin du jour s’accroche encore un court moment aux parures de tulles d’un osmanthus souffreteux, assoiffé. Sur la table, enveloppée par des muscs de terres chaudes, un photophore s’imagine devenir le roi du bal en éclairant ton sourire au travers de ses dentelles de porcelaine.

Nos livres laissent leurs pages tournicoter dans les embruns de nos tisanes fraiches. L’air nous caresse par courtes bouffées dociles. Le temps est suspendu. La nuit lourde tresse les silences apaisés de nos fatigues. L’été arrogant épuise notre patience, consume nos bavardages muets.

La pluie ne viendra pas cette nuit…


 

 

6 commentaires:

  1. Un vrai bonheur de vous lire. Et rien de tel qu’un bain de poésie pour rafraîchir un cœur endurci par la sécheresse.
    Je vous souhaite une agréable journée.
    Doria

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    1. Une fraîcheur fragile, mais bienfaisante, offerte avec les mots.
      L'été nous pèse, seul un vagabondage littéraire apporte un peu de douceur...
      Celui-ci est cadeau.

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  2. La pluie ne viendra pas cette nuit
    Le griot a perdu son bâton de pluie
    Qui le lui rendra?

    ****
    Texte et image sont de toute beauté, un texte poétique , on aimerait y ajouter une musique pour voir valser les lucioles dans "le velours bleu" du crépuscule...

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    1. Un soir tiède mais sans promesses...
      La fête s'imagine dans le mouvement des choses, c'est un petit bonheur à savourer.

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  3. Tes mots en poésie rafraîchissent nos pensées, on se surprend même à entendre quelques gouttes d'espoir tomber ici et là. Bises alpines.

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    1. De la fraîcheur dans les mots, une faible consolation... Pour la première fois depuis 26 ans, le puits est épuisé. Je crois bien que moi aussi.
      Bises de mon jardin savane.

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