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vendredi 3 avril 2020

Le port se protège.


Le présent malade se glisse hors du temps.

Le port se protège de brumes en haillon.
La nuit comploteuse surveille les bateaux,
D’un œil blanc et persan, grand ouvert, sans un mot.
La folie s’installe dans le vent furibond…

Le noir se fait chacal, emportant les mourants.

Le soleil est mort seul, épuisé, sans se taire,
La gorge nouée, sèche, les poumons brûlés.
La folie est d’attendre le froid en plein été
Pour noyer dans la nuit les démons délétères.

Je me suis allongé, je tremble tout le temps.

Le port du Conquêt (29), un soir de septembre 2008

10 commentaires:

  1. Tu trembles ? J'espère que tu n'as pas chopé le virus, mon poète... ;-)
    Je t'embrasse fort
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. Non, je ne suis pas malade.
      Tout va bien.
      Mais je tremble pour ceux que j'aime, qui sont loin,
      Que nous n'avons pas embrassés depuis trop longtemps.
      Bises confinées.

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  2. Mais non, le soleil n'est pas mort, il suffit de le laisser entrer dans son coeur, de ne pas céder à la psychose et tu verras, sous peu, tu ne trembleras plus.

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    1. J'espère sous peu, car même avec de l'espace le temps est long...

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  3. Bonjour Étienne,
    Dans les temps difficiles, la nuit paraît interminable, sans issue. La bonne nouvelle, c'est que l'aube finit tôt ou tard par arriver.
    Ce poème est douloureusement beau.
    Prends soin de toi.
    Je t'embrasse.
    Fabrice

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    1. Le soleil revient toujours pour habiller le jour avec chaleur.
      Mais que cette nuit me semble longue...
      J'imagine ton confinement plus compliqué que le mien.
      Bises poète.

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  4. La nuit est toujours longue quand le soleil tarde à venir
    La nuit creuse les cœurs avec ses ombres de vide
    Mais la nuit attend au bout des tunnels que l'aube nouvelle s'installe

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    1. La nuit et le jour se suivent.
      Le bleu, puis soudainement le soleil.
      La clarté nous aveugle car la surprise est entière.
      Épuisant cheminement de l'existence.

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  5. Nous ne pouvons nous empêcher de trembler et de nous inquiéter pour les gens que nous aimons, alors, lors de mes méditations, je leur envoie de l'Amour à profusion, ainsi j'ai l'impression de les protéger un peu...

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    1. Tu les protèges surement.
      Nous n'avons jamais trop d'amour.
      En donner est un beau cadeau.
      Pour le reste, le temps décide pour nous.
      Simplement, être loin de ceux que nous aimons devient une douleur récurrente.
      Le temps de la séparation est alors trop long.

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